Philizot-header_noir

Camera obscura.
Le design graphique, entre construction sociale du champ visuel et construction visuelle du champ social

Conférence, article

Conférence à l’occasion de la journée d’études Design et politique, organisée par Gwenaëlle Bertrand et Maxime Favard, Université de Strasbourg, le 24 mars 2015.
Article publié dans Gwenaëlle Bertrand et Maxime Favard (dir.), Poïétiques du design – Conception et politique, L’Harmattan, Esthétiques série Ars, Paris, 2015.

 


Télécharger l’article au format PDF

 


Résumé

Ce texte met en rapport la métaphore du verre en cristal imaginée par Beatrice Warde dans les années 1930 et le film de John Carpenter, They Live (1988), pour interroger la dimension politique du design graphique. Il s’agit plus précisément d’aborder cette contradiction séminale propre à l’invention, à l’époque moderne, du design graphique comme dispositif de mise à distance du monde et des choses du monde, et simultanément, comme négation de cette mise à distance. Les effets politiques du design graphique sont alors moins à chercher dans les éclatantes manifestations de la propagande au XXe siècle, que dans la banalité de cet acte quotidien qui consiste à incorporer les conditions du voir au voir lui-même. En faisant ainsi méconnaître l’arbitraire des catégories par lesquelles le sujet fait l’expérience de son environnement, le design graphique ne contribue-t-il pas à construire et à naturaliser les représentations sociales ? Il s’agit de s’interroger sur la singularité du regard hérité du mouvement moderne, afin de comprendre comment le design graphique est impliqué – pour reprendre l’expression de WJT Mitchell – dans la construction sociale du champ visuel comme dans la construction visuelle du champ social.

Partager