Philizot-header_noir

Métadiscours et typographie

Conférence
intervention lors de la journée d’études « Notes de bas de page »,
3 et 4 avril 2008, Université de Strasbourg
sous la direction de Germain Roesz.

 


Introduction

Un mot est toujours écrit à l’aide d’un caractère qui en est le support physique, ce à travers quoi il existe. Indispensable à la lecture physique et à l’accès à la signification du mot, il est aussi le vecteur d’une signification concurrente qu’il est impossible de négliger. 
Deux messages interdépendants s’articulent autour d’un même support graphique.

Cette articulation revêt cependant plusieurs formes. Il s’agit, pour comprendre ce mécanisme, de considérer les différents éléments en concurrence que la sémiologie avait classé en trois catégories : le signe linguistique, le signe plastique et le signe iconique. Alors que le signe linguistique est le mot en tant que tel, considéré indépendamment du caractère par lequel il se matérialise, le signe plastique est la matérialisation typographique du caractère. N’accédant la plupart du temps pas au statut de signe iconique, le caractère typographique est donc, à ce stade de l’analyse, à considérer sous ses aspects plastiques purs, forme, couleurs, texture comme produits de l’histoire de la typographie.

L’équilibre entre ces trois modalités – linguistique, plastique et iconique – semblent déterminer le statut de ce que l’on peut appeler – suivant les cas : mot, mot-image, image d’un mot ou mot en image. Ces cas de figures, plus ou moins complexes et plus ou moins denses, s’appréhendent différemment et si le mot est la plupart du temps donné à lire, il peut aussi être donné à voir, ou bien nécessiter ces deux actions simultanées.

Ainsi, le caractère, indispensable à la lecture, trahi le sens du mot (le pendant oral du caractère typographique est la mise en forme(s) sonore du mot.), il génère des contenus qui viennent se superposer à l’original, il se transforme en vecteur d’un méta discours. Au-delà de la fonction informative de ce que nous lisons, il s’agit alors de prendre en compte l’expression de la mise en forme typographique, c’est à dire le commentaire, la référence, la citation, tout ce méta discours, que l’on peut alors considérer comme une ou des notes de bas de la page.

Partager